Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 08:51

Dans un monde totalement inconnu, où tout semble irréel, il est difficile de retrouver ses repères. Et pourtant, Ninine et Laici ont remarqué que Peorth réussit très bien à s’adapter à ce nouvel environnement. Un homme, un baiser et déjà tant de questions.

 

Ninine : Peorth ! Se précipite avec Laici, que s’est-il passé ? Qui est-ce ?

 

Peorth : Heureuse en regardant cet inconnu, j’ignore encore tout de lui mais je pense l’aimer déjà.

 

Laici : Tu perds la tête, Peorth ! En s’écartant de cet inconnu, si tu ne le connais pas, comment peux-tu savoir si tu l’aimes ? Tout ceci est absurde.

 

Peorth : Mais pourquoi faut-il connaître une personne pour l’aimer ? Je l’aime car je me sens parfaitement bien avec lui. Il me fait rire et me donne l’impression d’être importante. Tout ceci me suffit à être…

 

Ninine : Je me fous de ce que tu ressens pour lui. Que s’est-il passé ? Raconte-nous !

 

Peorth : A vos ordres ma Princesse ! Tout à commencer ce matin. Je me suis réveillée à une dizaine de mètres de vous sur la plage. Mais, à mon réveil, un jeune homme est venu me secourir. Il m’a dit qu’il était marin mais j’ignore ce que c’est. Je ne voulais pas partir avec lui et j’ai pourtant insisté pour rester avec vous Princesse. Cependant, il m’a dit que quelqu’un s’occupait de vous et qu’il fallait que je me réchauffe. C’est donc contre mon gré que j’ai suivi cet homme. Il m’a emmené chez lui et, à peine arrivés, il m’a proposé d’aller dans une salle où il pleut d’un tube. L’eau était si chaude… Après ce qu’il a appelé comme une douche, il m’a emmené dehors et lui et moi avons choisi dans divers endroits ces vêtements que je porte en ce moment. Il est étonnant de voir le nombre de bâtiments qu’il faut visiter pour pouvoir s’habiller ainsi. D’ailleurs, j’ignore de quelle classe sociale proviennent ces vêtements. Il a omis de me le signaler. En voyant que j’étais perdue face à tout ce nouveau monde, il a voulu savoir d’où nous venions, pourquoi sommes-nous arrivées ici et ce que nous faisions avant de nous être échouées sur la plage. Je lui ai donc tout raconté mais il ne m’a pas cru. Il en a même rigolé.

 

Ninine : pourquoi a-t-il ri ? Je ne vois rien d’hilarant dans notre histoire !

 

Peorth : Je l’ignore Princesse !

 

Ninine : Bon, et ensuite ?

 

Peorth : Ensuite, nous nous sommes assis à une de ces tables devant ce qu’il a appelé un « Bar » et nous avons bu une boisson forte étrange. Il sortait des bulles partout à l’intérieur du verre. Et cela fait fortement roter. C’est à ce moment que nous avons discuté de ses relations amoureuses. Il en a énormément. Il doit être d’une classe social égale à la votre Princesse pour avoir eu autant de conquêtes.

 

Ninine : Pour embrasser une simple servante, il ne peut être Prince.

 

Laici : Mais, la tradition dit que n’importe quel homme peut devenir Prince si vous l’aimez, n’est-ce pas Princesse ?

 

Ninine : Je ne me marierai pas avec un pauvre paysan. Bon alors, que s’est-il passé après Peorth ?

 

Peorth : Il a commencé à me poser des questions sur moi, sur le nombre de mes cavaliers mais, vous le savez très bien, je n’en ai eu aucun. Et il m’a répondu avec ces mots-ci : « Ne me mens pas. Avec autant de charme, c’est impossible que personne n’ait voulu de toi ou même tenter de te draguer ! » J’ai pourtant réfuté ses dires et signaler que ma vie était dévouée au bien-être de ma princesse, qu’aucun homme ne pouvait s’estimer plus important à mes yeux que la princesse. C’est pour cela que mes lèvres étaient restées vierge jusqu’à présent. C’est alors qu’il s’est penché délicatement vers moi pour m’embrasser. C’était si beau et si… agréable. Rien que d’y penser, j’en désire à nouveau.

 

Ninine : C’est tout ? Et est-ce pour cela que vous l’aimez ? Pour un simple baiser qu’il semble offrir si facilement à une inconnue et surtout à une servante ?

 

Peorth : vexée, je l’aime car c’est le seul homme qui ait bien voulu m’embrasser et, surtout, parce qu’il m’a embrassé d’une façon dont je ne pourrais l’oublier. C’était si magique.

 

D’un seul coup, une jeune femme bouscula Laici qui s’effondra de tout son long sur le sol.

 

Passante : D’une voix douce, excusez-moi mademoiselle ! Je ne vous avez pas vu. Vous allez bien ?

 

Laici : se relève, je vais bien merci.

 

Passante : Vous êtes sûre ? On dirait que vous saignez de la tête !

 

Laici, un peu sonnée par le coup, toucha son front et remarqua du sang. A la vue de ce rouge dégoulinant, Laici s’évanouie dans les bras de cette jeune inconnue.

Par GeN-HoM - Publié dans : Au Royaume de Nine
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Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /Mars /2010 09:27

« Papa, papa ? Je suis prête ! »

 

Tu t’es brossée les dents ?

 

« Oui ! »

 

Bon, d’accord.

 

Alors, Sam était au courant de mon secret. Même si elle était une personne de confiance, j’avais du mal à rester serein. C’était comme si mon cœur était au bord de la rupture à chaque instant. J’avais peur et j’avais énormément de mal à la dissimuler.

 

Les gens disaient de moi que je n’étais pas quelqu’un de courageux. Et ils avaient raison. On pouvait me qualifier d’étrange, d’extravagant dans mes idées, réservé envers les autres, assez peu raisonnable mais jamais de courageux. Affronter mes peurs était impossible. Et pourtant, j’avais peur de beaucoup de choses : les araignées, les serpents, le noir, les hommes grands et musclés, la foule, les corbeaux, le tonnerre, l’altitude et tellement d’autres choses. Mais, ce qui me faisait le plus peur, c’était de ne plus avoir de rêve. Je rêvais jour et nuit. Je m’inventais des histoires plus folles les unes que les autres. Mais, depuis celle de la princesse Camélia, les autres ont totalement disparu. C’est pour cela que j’avais si peur de perdre le dernier sujet de mon imagination. Princesse Camélia était, en quelque sorte, ma muse, sauf que je n’étais pas artiste.

 

Malgré notre discrétion à faire échouer les rendez-vous, Sam avait réussi à me surprendre et la princesse ne tarda pas à le faire à son tour. Je me fus bien difficile de trouver une excuse convenable pouvant expliquer les raisons de mes actes. J’avais tant insisté auprès de Sam pour que mes sentiments restent secrets que les lui avouer serait un manque de respect. Il me fallait mentir ou trouver une autre raison. C’est alors que sous la pression de la colère de la princesse Camélia qui, malgré son invisibilité, se ressentit aisément, je répondis :

 

_ Je sais que ça va vous paraitre plutôt étrange…

_ A vrai dire, plus rien ne me parait étrange depuis fort longtemps !

_ Eh bien… c’est Peter. Enfin, je veux dire que c’est pour Peter que je fais cela.

_ C’est pour Peter que vous venez de salir le manteau de ce gentleman ?

_ Vous voyez que vous trouvez cela étrange ?

_ …

_ En réalité, c’est que Peter aime Sam mais n’ose pas lui avouer. Et de voir tous ces hommes lui tourner autour le rend totalement fou de jalousie, ce qui est tout à fait normal.

_ Et donc, vous agissez ainsi parce qu’il vous l’a demandé ?

_ Bien sûr ! C’est mon ami. Par contre, je vous demanderai de garder le silence sur ce sujet. Peter n’aimerait pas que Sam l’apprenne d’une autre bouche.

_ Bien sûr. Je comprends.

 

C’est ainsi que je me sortis de cette délicate situation. Mais même si ce n’était pas entièrement un mensonge, je me retrouvais dans une mauvaise posture : Sam connaissait mon secret et, même si elle m’a affirmé qu’elle ne dirait rien, je devais faire tout de même attention et la princesse Camélia connaissait le secret de Peter, je devais donc faire attention à ce qu’elle n’en parle pas à Peter ni même à Sam. Dès lors que l’Amour fut entré en jeu, tout se compliqua. Surtout qu’il m’était totalement impossible de surveiller tout le monde en même temps, et encore moins la princesse.

 

Je décortiquais chaque expression de Sam, je suivais chaque pas de la princesse. La paranoïa m’avait submergé…

 

« C’est quoi la paranoïa, papa ? »

 

Être paranoïaque, c’est voir le mal partout, croire que tout se retourne contre nous.

 

J’étais donc devenu paranoïaque. J’avais l’impression que Sam tentait de faire comprendre à la princesse Camélia mes sentiments rien qu’avec le regard et inversement. Mais, il était évident que tout ceci était tout simplement impossible : l’invisibilité de la princesse empêchait toute tentative masquée de la part des deux. Cependant, connaissant la malice de la princesse, j’avais imaginé tout un complot organisé avec ses majors d’homme pour divulguer discrètement les sentiments de Peter à Sam. C’est alors que je me mis à observer tous les faits et gestes du personnel de maison, chaque déplacement, chaque parole qu’ils s’échangeaient furtivement. C’était pour moi devenu un cauchemar. Je ne pouvais plus vivre avec cette pression sur mes épaules. Il fallait que j’avoue à Peter que je n’ai pas su garder son secret.

 

Etrangement, à ma plus grande surprise, il ne m’en voulait pas. Il trouvait ça même normal.

_ J’aurai fait exactement la même chose à ta place.

_ C’est vrai ?

_ Bien sûr. De toute façon, tant que Sam n’est pas au courant, je ne vois pas pourquoi je t’en voudrais.

_ Ouf… je suis soulagé. Je commençais à devenir fou.

 

Même si je n’étais pas totalement hors de danger, j’avais l’impression que Peter venait de me retirer une énorme épine du pied. C’était comme une douleur insoutenable qui disparaissait par enchantement. Je me sentais entièrement libéré.

 

Voilà, ma puce. C’est tout pour ce soir.

 

« Je veux la suite. »


Pour ça, il faudra dormir et attendre demain soir.

 

« Bonne nuit papa ! »

 

Bonne nuit mon poussin. Fais de beaux rêves.

 

« Fais de beaux rêves toi aussi. Bisous ! »

 

Bisous.

Par GeN-HoM - Publié dans : Princesse Camélia
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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 10:31

L’espoir semble fragile quand les obstacles se succèdent. Un jour on croit en nos capacités et le jour suivant tout nous parait impossible. Il suffit d’un rien pour que l’espoir naisse et encore moins pour qu’il meure.

 

Princesse Ninine et ses servantes voguait sur l’océan depuis deux jours. L’eau à perte de vue semblait avoir eu raison de leur espoir.  Étaient-elles dans la bonne direction ? Faisaient-elles le bon choix ? Seul le temps pouvait y répondre.

 

Mais, comme les problèmes ne viennent jamais seuls, une tempête éclata au beau milieu de la 3e nuit. Les filles, qui n’ont jamais été préparées à ce genre de problème, se sont vues submergées par des vagues immenses. Leur barque ne put supporter la violence de cette tempête et abandonna Ninine et ses servantes dans les eaux froides de l’Atlantique. Secouées par la force des vagues et du courant, la vie sembla se rattacher à un fil.

 

La nuit passa et la tempête aussi. Les demoiselles, grâce à un miracle, finirent leur longue et dangereuse traversée échouée sur une plage qui leur était inconnue. Inconscientes, Ninine et Laici se retrouvèrent étalées de tout leur long face à un vieil inconnu.

 

Un pêcheur : Bonjour ! Euh… Vous allez bien ?

Ninine : se réveille, humm… où sommes-nous ?

Un pêcheur : Eh bien vous êtes sur une des plages de la Loire-Atlantique. On dirait bien qu’la tempête vous a surpris, m’dame !

Laici : Maîtresse ! Comment vous sentez-vous ?

Ninine : Très bien, merci ! Mais, où est Peorth ?

Laici : Je l’ignore, maitresse ! Je m’en vais la cher…

Un pêcheur : Vous voulez parler d’une jeune fille pareil qu’vous ? Bah… un autre pêcheur l’a emmenée y’a même pas 5 minutes. Mais n’vous inquiétez pas, on est correct ici.

Ninine : Tremble, j’ai froid !

Un pêcheur : Bah… j’peux vous emmener chez moi. Il f’ra plus chaud là-bas et puis vous pourriez prendre une douche, hein ?

 
C’est ainsi que la princesse et sa servante furent transportées dans une machine étrange et surprenante.

 

Un pêcheur : Bah… C’est une voiture ! Enfin, une camionnette mais c’pareil ! »


L’environnement sembla être si différent de tout le Royaume de Nine : les maisons étaient si grandes et ne semblaient pas être construites en bois, il y avait des route d’une matière étrange, la végétation avait pratiquement disparu pour laisser place à des tours d’une hauteur impressionnante. Ninine et Laici firent leurs premiers pas dans le monde moderne.

 

Comment un monde si proche du Royaume pouvait être aussi différent ? Rien n’y ressemblait : L’architecture, les vêtements, le vocabulaire et tant d’autres choses qui semblaient émerveiller Ninine et Laici.

 

Attirées par ce nouveau monde, elles décidèrent de visister les lieux. Les gens semblèrent si pressé et si peu aimable. Comment trouver un Prince parmi tous ces hommes qui ne se soucis même pas de la Princesse ? Et, entre toutes ces personnes, Ninine et Laici aperçurent Peorth au loin. Rassurées, elles se mirent à courir vers elle en l’appelant. Lorsqu’un homme l’embrassa...
Par GeN-HoM - Publié dans : Au Royaume de Nine
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 13:55

Dans un monde qui se nourrit de rêves et d’espoir, les princesses attendent leur prince. Mais, pourquoi attendre si cette princesse vit sur une île où les princes n’existent plus ?

 

En plein milieu de l’océan Atlantique, se trouve l’île du Royaume de Nine. Les traditions de ce Royaume disent que la princesse doit avoir trouvé son prince avant la 300e pleine lune qui suit sa naissance et, peu importe l’homme, seul l’Amour de la princesse fera de lui un prince. Si jamais elle échoue, passé la dernière pleine lune, celle-ci ne sera plus princesse et le plus jeune couple de l’île deviendra Roi et Reine.

                                

Malheureusement, la Princesse Ninine arrivait à sa 275e lune. Dans l’histoire du Royaume de Nine, aucune princesse n’avait dépassé les 300 lunes sans avoir trouvé leur prince. Et pourtant, les hommes se bousculèrent pour la main de Ninine mais, aucun d’entre eux ne semblait mériter son amour.

 

_ Ma fille ! Il est important que vous fassiez votre choix entre tous ces hommes, dis la Reine à la Princesse Ninine, car je vous signale que le temps vous ait compté.

_ Je le sais bien mère. Mais, la tradition dit que je ne peux pas choisir un prince si je ne l’aime pas !

_ A votre âge, il m’était difficile de savoir ce qu’était réellement l’Amour. Lorsque je fus dans la même situation que vous, j’ai épousé le plus charmant d’entre eux et, au fil des années, j’ai fini par apprécier sa présence puis par l’aimer.

 

                La Princesse, ne voulant pas se résilier à un tel sacrifice, fuit à l’église de l’île où le Prêtre Saint Jean conservait toute l’histoire du Royaume. Ninine aimait beaucoup se réfugier ici car le prêtre la laissait souvent contempler les livres. Ce jour-ci, voyant tout le désespoir de la princesse, le Prêtre décida de lui conter l’histoire exacte du Royaume.

 

                La Princesse apprit alors que l’île fut peuplée en 1723 par un groupe de français. Ils y ont amené des bêtes et ont cultivé la terre pour pouvoir y survivre. Leur but était de se séparer du monde pour ne plus en subir toutes les menaces. Toutes les traditions, la langue et les habitudes venaient de ces français.

 

                Malgré tous les doutes qu’elle avait pu avoir, la Princesse savait à présent qu’il y avait une solution : elle devait quitter l’île pour rejoindre le continent et enfin trouver son prince. Elle savait que la Reine n’accepterait jamais de laisser sa fille partir et c’est pour cela que Ninine de fuir l’île  en secret.

 

                Le soir de son départ, la Princesse Ninine laissa une lettre devant la chambre de sa mère et partit, accompagnée de ses deux servantes : Peorth et Laici. Le prêtre Saint Jean avait préparé une barque avec de la nourriture et de l’eau pour qu’elles puissent traverser l’océan. Le voyage s’annonçait long et difficile…
Par GeN-HoM - Publié dans : Au Royaume de Nine
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 15:23

« Allô ! Papa ? »

 

Oui, ma chérie. Je suis désolé de ne pas être à tes côtés pour te raconter l’histoire mais je suis en voyage d’affaire. Mais je vais quand même te raconter la suite. Tu es dans ton lit ?

 

« Oui, oui ! Je suis dans mon lit ! »

 

D’accord.

 

Alors, le premier rendez-vous fut, à la fois, une énorme déception pour la princesse Camélia et une révélation pour Sam qui comprit enfin l’utilité et les avantages qu’apportent les hommes. C’est ainsi qu’elle dit au revoir aux tailleurs trop stéréotypés et…

 

« C’est quoi stéréotype, papa ? »

 

Euh… c’est quand les gens n’ont pas d’originalité, qu’ils sont banals.

 

Et donc, c’est ce jour que nous avons vu apparaître des tenues plus féminines sur Sam. Il est vrai que nous avons eu énormément de mal à nous habituer au nouveau style vestimentaire de Sam mais aussi à son nouveau comportement. Au lycée, les gens lui avaient trouvée le surnom de : Sam, la pulpeuse. Il faut dire que ça lui collait plutôt bien. Même si Mick fut un total échec, il avait eu le mérite de complètement changer notre bonne vielle Sam, ce qui ne déplaisait pas à Peter.

 

Depuis le changement radical de Sam, Peter semblait la regarder d’une façon différente. On aurait dit que Peter venait de rencontrer la femme de sa vie. Il n’adressait la parole à Sam que timidement et devenait très maladroit en sa présence. C’était comme la fois où Cynthia, la plus jolie fille du lycée selon lui, était venue lui parler. Pour lui, Sam n’était plus Sam, c’était une autre personne totalement différente. C’était bien connu, Peter n’était pas très doué avec les filles. D’un seul coup, il se mettait à perdre ses mots, à ne plus savoir quoi faire ou comment agir. C’était comme si quelqu’un lui jetait un sort pour le rendre ridicule. D’ailleurs, dans les couloirs, les garçons les plus populaires adoraient le ridiculiser avec des surnoms du genre : la « lavette » ou alors « Bégaye Man ». Même si Peter semblait être indifférent de toutes ces moqueries, Sam et moi savions que chaque surnom avait un effet dévastateur en lui. Il avait même fini par abandonner l’idée d’aborder une fille. Mais, lorsqu’il vit Sam si attirante, il ne put s’empêcher de redevenir le fameux « bégaye Man » qui amusait tant les soi-disant « hommes virils ». C’était plus fort que lui.

 

Il nous était donc impossible, Peter et moi, d’assister au rendez-vous sans vouloir tout saboter. Nous avions chacun notre amour plus ou moins bien dissimulé. C’est alors, lorsque les nouveaux prétendants furent rendez-vous, nous étions prêts à tout faire tomber à l’eau pour pouvoir garder nos biens aimées loin des potentiels concurrents. Toutes les idées furent bonnes à prendre : faire trébucher un serveur sur la table, rajouter des épices dans l’assiette du gentleman, parfois même du laxatif… ce n’était pas les idées qui manquaient à notre imagination. Surtout à Peter qui faisait preuve d’ingéniosité pour protéger l’élue de son cœur.

 

Cependant, nos petits coups de jalousie ne passèrent pas longtemps inaperçu. Sam n’eut aucune difficulté à nous démasquer. Ce qui lui échappa, c’est la raison pour laquelle nous agissions ainsi. C’est pour cela, que lorsqu’elle me prit sur le fait, je ne devais pas lui avouer que Peter et moi étions guidés par le parfum de l’Amour.

 

_ John ? Qu’est-ce que tu fais ?

_ Euh… rien !

_ Ne te moque pas de moi ! Je viens de te voir ajouter quelque chose dans la nourriture ! C’était toi depuis le début ?

_ Comment ça depuis le début ?

_ John !

 

J’étais pris au piège. Je n’eu donc pas d’autre solution que de lui raconter ce qui me poussait à agir de la sorte tout en prenant seul toute la responsabilité.

 

_ Tu es amoureux de Camélia ?

_ Chut, parle moins fort ! J’aimerai bien que ça reste entre nous !

_ Oui, pardon ! Tu es amoureux d’elle depuis quand ?

_ Le début.

_ Comment ça se fait que tu ne lui en as pas parlé ?

_ A quoi bon ? Je ne la vois pas, Sam. Si, moi, je suis amoureux, cela veut bien dire qu’elle n’éprouve pas les mêmes sentiments que moi.

_ Et tu comptais continuer comme ça longtemps ? Parce qu’en agissant ainsi, tu lui prives de la possibilité de rencontrer l’Amour mais aussi la liberté.

_ Je sais, j’ai été égoïste.

_ Exactement ! Et maintenant, au lieu de rester derrière à essayer de garder ta princesse rien que pour toi, tu devrais essayer de lui en parler ou alors de faire en sorte que vous vous rapprochiez.

_ C’est une très mauvaise idée !

 

Même si j’en mourais d’envie, c’était, en effet, une très mauvaise idée. Je ne voyais pas ce que cela pouvait lui apporter de connaitre mes sentiments. Elle ne serait pas plus heureuse et cela ne la délivrerait pas de cette malédiction. Mais Sam, qui même totalement métamorphisée reste Sam, avait décidé de prendre en main mon manque de courage et de trouver un moyen de faire comprendre à la princesse ce que je tentais tant de lui dissimuler. Il était impossible de faire changer d’avis Sam lorsqu’elle avait une idée en tête. C’était comme essayer d’installer un parasol lors d’une énorme tempête.

 

Malgré ça, il était vital que je trouve une façon de dissuader Sam. J’ai tout tenté : l’amitié, elle ne pouvait pas faire ça à un ami ; la compassion, elle devait comprendre ma situation, toute l’importance du secret ; la pitié, divulguer mes sentiments serait comme enfoncer un poignard dans mon cœur. Cependant, rien n’a fonctionné. Sam était décidée et je n’étais pas capable de l’arrêter.

 

_  Sam, arrête !

_ S’il te plaît, John, ne fais pas ta fillette !

_ Ma fillette ?

_ Oui ! Assume un peu ce que tu ressens. Il n’y a rien de mal à aimer quelqu’un, au contraire. De quoi as-tu peur ?

_ De la vérité.

_ Comment ça la vérité ?

_ Il est évident qu’elle ne m’aime pas mais, l’entendre de sa bouche serait trop dur à supporter. Je l’aime, Sam. C’est si difficile pour toi de comprendre que je préfèrerais garder ça secret ? Je rêve d’embrasser passionnément ses lèvres mais, malheureusement, ce n’est qu’un rêve. Et si jamais tu lui avoues, comment pourrais-je continuer à rêver lorsque je suis sûr à cent pourcent que mon rêve est impossible. Laisse-moi un soupçon d’espoir, je t’en supplie.

 

Sam fut touchée par le discours prononcé par mon cœur. Elle renonça donc d’aller voir la princesse Camélia pour ne pas briser tous mes espoirs.

 

Bon, ça suffit pour ce soir. La suite dans le prochain épisode.

 

« Je ne suis pas fatiguée, moi. »

 

Il faut dormir quand même, mon poussin. Demain, tu as école.

 

« Oui, mais j’ai pas envie de dormir. »

 

Eh bien, il le faut quand même. Si tu ne dors pas, demain tu n’auras pas d’histoire.

 

« D’accord, papa. Bonne nuit ! »

 

Bonne nuit ma chérie. Je raccroche.

 

« Bisous ? »

 
Bisous. Dors bien ma puce. 

Par GeN-HoM - Publié dans : Princesse Camélia
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